L’intelligence humaine est aux êtres humains ce que la vision ou l’odorat sont à certains animaux non humains. L’être humain ne bénéficie pas d’exclusivité, il n’est en réalité que question de degré et non de genre.

 

Être de culture par excellence, l’Homme partage cependant l’ensemble de ses capacités cognitives avec les animaux. La mentaphobie consiste à dénier toute forme de conscience aux animaux. Or depuis Darwin, les scientifiques s’accordent à dire qu’il n’y a aucune différence biologique fantasmagorique entre les animaux et les humains. Le continuum du vivant, ou encore théorie de l’évolution, nous apprend même que l’être humain résulte d’un extraordinaire développement qui s’est produit au cours de millions d’années et que par conséquent l’évolution est de nature graduelle. La psychologie au même titre que l’anatomie s’est donc développée progressivement pour donner naissance à l’empathie, la gratitude, la consolation, le deuil, l’entraide, la protection, le sens de l’équité etc ; autant de compétences morales certes complexes mais non exclusives à notre espèce. C’est aussi le cas de la capacité à distinguer si un acte vis-à-vis des autres est bon ou mauvais. Ces facultés qui existent chez l’Homme sont le fruit d’une sélection au fil de millions d’années d’évolution parce qu’utiles à sa survie. Loin d’avoir développé la moralité uniquement par notre réflexion rationnelle, nous avons bénéficié des capacités déjà développées par les animaux sociaux qui nous ont précédés.[i]

 

 

[i] Matthieu RICARD, Plaidoyer pour les animaux, Allary Editions, 2014, p.281