Nous avions adressé la lettre ouverte suivante à Jean-Marc JANCOVICI, Ingénieur conseil en énergie et en climat, chef d’entreprise, enseignant, conférencier, auteur et chroniqueur indépendant, cofondateur de Carbone 4 et des Entretiens de Combloux, président du think tank The Shift Project, auteur et concepteur initial du bilan carbone de l’ADEME :

Nous l’avons relancé via un nouveau mail (à la suite) et avons reçu la réponse tant attendue.

 

Bonjour M. JANCOVICI,

Tout d’abord, je vous remercie pour votre réponse ainsi que pour le lien vers le manifeste.

Concernant la question de l’élevage, son impact semble tout de même minimisé. Responsable de 70 à 80% des émissions directes du secteur agricole, celles-ci dépassent le périmètre du « secteur agriculture » lui-même si les émissions globales sont considérées. Comment et surtout pourquoi ne pas en rendre compte ?

Au risque de me répéter, nous souhaiterions connaître les émissions réelles dues au secteur de l’élevage car :

il serait responsable de 14.5% des GES selon la FAO mais 51%* selon le World Watch Institute qui affirme prendre en considération  la  respiration  du  cheptel  mondial.
Sur  votre  visuel  « Décomposition  des émissions mondiales en 2014 » 20% des émissions sont impactées à l’agriculture en générale et 8% à la déforestation. Or toujours selon la FAO, l’élevage est responsable de 70% de la déforestation actuelle.
Alors, quelles sont réellement les émissions imputables à l’élevage ?

Vous mentionnez en premier lieu la fermeture des centrales à charbon, la rénovation des bâtiments puis l’amélioration des moyens de transports. Ne serait-il pas préférable de mentionner l’impact positif considérable qu’aurait un changement de comportement alimentaire en faveur du végétal ?

Encore merci pour votre réponse,

Je vous souhaite une agréable fin de semaine,

Bien cordialement

 

 

Bonjour

Avec retard, la réponse est qu’il faudra tout faire en même temps 🙂

Sur la part de l’élevage dans les émissions mondiales, il faut sommer les émissions directes du cheptel (rumination, déjections), celles de la culture des céréales qui alimentent les bestiaux (protoxyde après épandage des engrais, diesel des tracteurs), voire de fabrication des engrais N pour la culture des céréales qui alimentent le cheptel, et enfin la déforestation amont clairement imputable à l’alimentation animale (pâturages, soja).

A vue de nez, j’accepte l’idée que ca fait une moitié au moins.

La respiration n’entre pas en ligne de compte (attention à ne pas confondre avec rumination). La respiration restitue à l’atmosphère, sous une forme oxydée, le carbone contenu dans les plantes mangées par l’animal, et ce carbone provient… de l’atmosphère. C’est donc un cycle fermé.

Bien cordialement/Best regards

Jean-Marc Jancovici